Réflexion sur Jn 16:32

« Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. »

Après les mots « chacun de vous sera dispersé », l’original grec des Saintes Écritures poursuit : « eis ta idia », c’est-à-dire « chez les siens ». Le terme « eis ta idia » est utilisé une fois de plus dans l’Évangile de Jean pour décrire le moment où Jésus confie sa Mère au disciple. Jésus dit : « Voici ta mère. » Et l’apôtre et évangéliste Jean, qui se tenait près de la croix et a entendu ces paroles en personne, écrit : « Et dès cette heure-là, ce disciple la reçut – eis ta idia – en son sein. » Nous pouvons dire – en lui-même. Cela a nécessité un acte de foi. C’était une transplantation spirituelle d’un nouveau cœur. Nous sommes la progéniture de la première femme, Eve, qui est en nous avec le code génétique du péché originel. En termes spirituels, nous pouvons comparer ce code à un vaccin spirituel diabolique à ARN messager, qui injecte un poison spirituel appelé péché. Chaque jour, nous voyons comment le péché originel agit en nous ; c’est la plus grande réalité.

Le disciple – mot qui signifie celui qui a abandonné, à cause du Christ et de l’Évangile, tout ce à quoi il était attaché dans son esprit ou dans ses mains, c’est-à-dire tout ce qui était en sa possession, personnes ou biens, – garde la première Béatitude, perdant même jusqu’à son âme : « Heureux les pauvres en esprit ». Le disciple à côté de la croix, qui a accueilli en son sein la Mère de Jésus, permet ainsi à la grâce de Dieu d’entrer en lui par cette nouvelle Ève, la Mère de Jésus, dans son être le plus intime. L’Esprit de Dieu peut agir à travers elle, afin que le Christ lui-même ne soit pas seulement conçu, mais qu’il naisse en nous par la foi. Il doit grandir et croître en nous, c’est-à-dire dans notre monde spirituel. Nous devons nous enraciner en Lui (Col 2,7) et porter du fruit en Lui. C’est par Marie et l’Esprit Saint que le Christ est venu la première fois : Le Christ est né ! Il naît encore et encore par Marie et le Saint-Esprit, en nous. C’est pourquoi, au Calvaire, Jésus, comme dernière volonté, nous a donné Sa Mère. Nous devons recevoir son essence spirituelle dans notre esprit ; elle est pleine de grâce, kecharitomenee (Lc 1,28). En tant que notre Mère, elle nous apprend, à nous ses enfants spirituels, à marcher dans la foi et la confiance en Dieu. En termes physiques, la mère donne à l’enfant une éducation de base : marcher, parler, discerner le bien et le mal, faire attention et ne pas se blesser, prendre la bonne direction dans la vie. La Mère de Jésus nous apprend à prendre la bonne direction dans la vie spirituelle, où l’esprit du mensonge et ses anges des ténèbres tendent des pièges sur notre chemin, essayant de nous tromper et de nous faire souffrir nous-mêmes et les autres. La vertu fondamentale est donc la docilité, c’est-à-dire l’humilité. Celui qui ne veut pas apprendre des sages restera stupide. De plus, c’est un signe d’orgueil et de sclérose spirituelle. Marie est pour nous un exemple d’humilité. Ce n’est que par l’humilité que nous pouvons vaincre le diable et ses mauvais anges, les démons. Si nous nous accrochons à Marie, la Mère de Dieu, nous pouvons chasser les démons. Le pouvoir spirituel qui nous est promis par Jésus nous aidera, et aidera les autres à travers nous. Non seulement nous avons le pouvoir de chasser les démons et de les vaincre, mais nous avons aussi le pouvoir de développer une sage compréhension des choses, de démasquer préventivement les pièges démoniaques, de ne pas laisser les démons nous asservir et nous mener sous la domination du mensonge ou de l’orgueil, de notre égoïsme, c’est-à-dire du centre spirituel du mal, du péché originel en nous. C’est pourquoi nous ne devons pas seulement nous tourner vers la Mère de Jésus ou la prier pendant la journée, mais nous devons aussi la recevoir chaque jour dans un bref acte de foi en nous, dans notre être le plus intime, en eis ta idia.

Au chapitre 16, verset 32, Jésus dit aux apôtres, la veille de Sa mort, que très bientôt, cette nuit même, ils vont être dispersés, ouvrir leur cœur à la peur, ou, en d’autres termes, laisser leur eis ta idia être dominé par l’ego qui ne croit pas en Dieu et ne se soumet pas à Lui. Il est égocentrique, indépendant de Dieu, et n’a pas confiance en Lui. Les saints martyrs n’ont pas ouvert leur cœur à la peur dans les moments les plus durs des plus terribles tortures, mais ils ont tenu ferme dans la foi dans une profonde sérénité en union avec Jésus, au milieu des plus grandes souffrances. Le Christ a habité dans leur eis ta idia – oui, par Marie et l’Esprit Saint.

Le premier des apôtres à vaincre la peur, fut l’apôtre Jean. Il se tenait près de la croix, il n’avait donc pas ouvert son cœur à la peur, et il a aussi eu le courage de venir avec Pierre au tombeau ouvert, le dimanche matin. Il a été le premier à croire en la résurrection du Christ. Jésus ne lui est pas apparu, comme à l’apôtre Pierre ; Jean a cru, même sans voir. Ce soir-là, Jésus apparut aussi aux autres apôtres.

Cette parole de Dieu adressée aux apôtres, s’applique souvent à nous : « En effet, l’heure vient, oui, elle est déjà venue, où vous serez dispersés, chacun de son côté (eis ta idia), et où vous me laisserez seul. » C’est une prédiction douloureuse pour nous que lors d’une crise, nous puissions ouvrir notre cœur à la peur, et trahir Jésus. Chacun d’entre nous court un tel danger, mais si nous savons à l’avance qu’il y a danger, nous pouvons nous y préparer intérieurement. La préparation intérieure consiste à être prêts à la persécution, voire au martyre. Si nous ne sommes pas prêts et que nous essayons sans cesse de nous sortir d’affaire, nous risquons de tout perdre. La peur nous poussera à franchir des étapes progressives d’autodestruction, et à chaque nouvelle étape il sera plus difficile de revenir en arrière. C’est ce que nous pouvons constater dans l’affaire actuelle du Covid. Toute logique semble avoir disparu. Les gens se sont montrés incapables de défendre la vérité, d’appeler le mal le mal, et le bien le bien. Beaucoup se sont laissés aller à travailler pour l’esprit de mensonge et de mort. Nous nous trouvons à présent dans un dur combat, dont dépend notre éternité. Nous devons donc recevoir la Mère de Jésus dans notre eis ta idia, car par son humilité, elle révèlera le serpent infernal et lui écrasera la tête. Sinon, notre eis ta idia sera rempli de peur, et notre ego se battra contre nous afin de provoquer notre autodestruction. Nous devons être des soldats du Christ ; si nous combattons pour Lui, nous nous battons aussi pour nous-mêmes et pour la couronne de gloire éternelle. Les milliers de saints et de martyrs, qui nous ont précédés dans cette bataille, constituent un exemple pour nous.

 

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« En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m ‘a affranchi de la loi du péché et de la mort. »

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